• Interview de François-Xavier Seren par Marie-Claude Eudaric

    François-Xavier Seren : "Je vois en Noir et Blanc"

    Lundi, 28 Mars 2011 19:26

    Marie-Claude EUDARIC

     

    François-Xavier Seren est le photographe de l'exposition parisienne à succès, "C'est quoi ce travail". Avant la sortie du livre photo du même thème prévue pour octobre 2011, il accorde un entretien à Directmonde. Il nous donne rendez-vous sur le même trottoir de l'AFP, dans un café parisien, place de la bourse.

    Photographe de presse depuis plus de trente ans, François-Xavier Seren a illustré bon nombre de pages de magazines (Point de vue-images, Vogue Homme, le Figaro, VSD, etc). Si, sa collaboration avec la presse l'a amené aux quatre coins du monde, c'est en France que son regard se pose en immersion pour son travail personnel. Son but ? "Voir les français à travers différentes tribus, Les Parisiens, Les Aristocrates, Les Paysans, Les SDF". Notons que sa série photo sur les Aristocrates s'expose à New-York en Juin 2001 et connaît un bel écho médiatique jusque dans les pages du New-York Times.

    Argentique/noir&blanc ou Numérique/couleurs... ?

    S'il n'est pas en reportage pour une commande, François-Xavier Seren privilégie la technique argentique noir et blanc "parce que je vois en n & b, c'est physique, c'est le grain. Il y a des gammes de gris qu'il n'y a pas dans la couleur. Il y a plein de nuances...Le noir & blanc pour moi, c'est la vie, c'est intemporel".

    Intemporel, on veut bien le croire car l'on ne donnait pas très cher de la peau du grain de l'argentique en noir et blanc face à la prédominance du numérique essentiellement en couleurs. Dans son édito de Mai 2010, Jean-Christophe Béchet pour Réponses Photo souligne bien l'engouement du n&b : "Il y a quelques années, un sondage posait cette question à la fois stupide et riche d'enseignements : préférez-vous les expositions de photos couleurs ou de photos en n & b ? Eh bien, le n&b l'avait emporté haut la main". Le noir et blanc est en effet loin d'être moribond. Pour preuve, la photo "Dovima avec les éléphants" de Richard Avedon, un des spécialistes du genre, s'est envolée cette année pour, tenez-vous bien, 841 000 Euros.

    Au-delà de ce record du monde, François-Xavier nous confie tout de même que l'on vit de la photographie "parfois très bien parfois très mal...Mais quand on se lance dans ce métier-là, le but, ce n'est pas de gagner sa vie comme un avocat comme j'aurais pu être" (en 1978, il fait du droit à Assas, Paris).

    2011, est donc l'année de tous les records des clichés "à l'ancienne". La dernière série du photographe Seren "C'est quoi ce travail...", aurait-t-elle profité de l'effervescence pour l'argentique en noir et blanc dans les salles des ventes ? En tous les cas, l'idée de la série est née en 2008 "parce que j'avais lu un article qui m'avait interloqué, précise- t-il...Les gens qui travaillaient arrivaient à s'épanouir dans le monde du travail, et moi, à ce moment là, je commençais à avoir des soucis au boulot". Ses soucis ? Pour des raisons de coût , les magazines préférent aujourd'hui passer des commandes en photo numérique. Bon gré mal gré, l'amoureux de l'argentique a dû s'ouvrir au numérique pour de nouveau obtenir des contrats plus commerciaux. "C'est quoi ce travail" est traité sous l'angle humain sous forme de portraits autour desquels s'articulent trois questions :

    1) Que représente pour vous le travail ?

    2) L'avez-vous choisi ?

    3) Combien de temps y consacrez-vous ?

    À la question N°1, François-Xavier Seren nous dira « pour moi le travail , c'est une condition importante de s'épanouir à travers des rêves...C'est accomplir ça, ce rêve de môme"...

     

     

    Propos recueillis par Marie-Claude Eudaric

    Photo: MCEudaric


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :